NouvelleLe joueur d'échecsStefan Zweig
Histoires grotesques et sérieusesLe joueur d'échecs de MaelzelEdgar Poe
NouvelleDouble Assassinat dans la rue MorgueEdgar Poe
NouvelleL’échiquier de la mortJean Ray
PoèmesHommage à La BourdonnaisJoseph Méry
PoèmesŒuvre poétique (2 citations)Jorge Luis Borges
PoèmeCAISSASir William Jones
RomanDe l'autre côté du miroirLewis Carrol
ExtraitCinquième LivreFrançois Rabelais
ExtraitLa variante F. VIII du gambit CamulogèneÉdouard Pape
ExtraitsEmil Joseph Diemer, missionnaire des échecs acrobatiquesDany Sénéchaud
FragmentsLe Jeu des échecs moralisésJacques de Cessoles
FragmentsLivre des échecs amoureux moralisésÉvrard de Conty
FragmentsLa Défense LoujineVladimir Nabokov
CommentaireLe Tristan en proseLégende médiévale
Bandes dessinées MafaldaQuino
Page bande dessinée Gaston LagaffeFranquin
Page bande dessinée TintinHergé
Pages bande dessinée Achille TalonGreg
Page bande dessinée Lucky LukeMorris
Page bande dessinée Passe-moi l'ciel Janry et Stuf
DessinFluide GlacialGaudelette
DessinsAlmanach Achille Talon 1981Greg
BibliographieJeu d'échecs dans la littératureJacques Hincker
Il y a des citations d'œuvres anciennes et contemporaines sur le site Repères autour du jeu d'échecs.


Emil Joseph Diemer,
missionnaire des échecs acrobatiques.



Dany Sénéchaud

Collection de l'Amateur,
Poitiers 1997






Introduction

Page 1

Maître Diemer, en son temps.



mil Joseph Diemer, né le 15 mai 1908 à Radolfzell, apprend le jeu à l'âge de 12 ans. A partir de 1934, date à laquelle il assiste au Match entre Alekhine et Bogoljubov, le jeu prend une autre dimension à ses yeux : « Il faut jouer le plus activement possible et ceci, même avec les Noirs ! » Il enregistre ses premiers résultats convaincants en 1935/36 et 1936/37, remportant le tournoi d'Hastings (lère Réserve). A Podiebrady 1936, il est 2ème derrière Dr. Florian ! Dans l'après-guerre, il participe chaque année au Südbadische Schachkongreß : 2ème à Lindau 1947, 3ème à Constance 1948 (derrière Bogoljubov & Mühlherr !), 3ème à Haslach 1949 (derrière Bogoljubov !).
Puis, dans les années cinquante, il gagne le tournoi de Kelheim (1950), celui de Rheingönheim (1951), la coupe des Pays de Bade (Waldkrich, en 1951 et 53), le Championnat ouvert de Suisse (Zurich, 1952), le tournoi de Kampen 1952, le Ch. du Club de Rastatt avec un score éloquent : 21 points sur 21 possibles !
1956 est l'apogée de sa carrière : ler à Beverwijk, à Rapperswil, à Kampen (Ch. ouvert de Hollande); 2ème aux tournois de Thun (Ch. ouvert de Suisse) et de Genève (derrière O'Kelly !). C'est aussi l'année de la parution de l'ouvrage qui le destinera à la postérité : Vom ersten Zug an auf Matt !
En 1957, il l'emporte encore à Arnhem (Pays-Bas), à Dordrecht et à Zwolle. En 1959, il remporte le « tournoi des Nations » (Luxembourg)... avec l'équipe de France !
Dans ces mêmes années, il parcourt l'Europe, donnant de nombreuses « conférences » et séances de simultanées : Allemagne, Belgique, France, Luxembourg, Monaco, Pays-Bas, Suisse. Il fait même quelques apparitions en Suède !
Dans les années 1960-70, il ne joue guère que 2 ou 3 tournois chaque année, se consacrant au jeu par correspondance (tournoi mondial voué au B.-D. G., 1967-75).
Dans l'ultime décennie de son existence (il meurt en 1990, à l'âge de 82 ans), Diemer fit quelques retours sur l'avant-scène, dont le dernier en 1984 (8 ou 9 tournois) où il expérimenta un gambit facétieux qui s'avéra être un début remarquable d'efficacité entre ses mains, 1. Cf3 g5 !


ès les années trente, Diemer met le doigt sur les possibilités offensives offertes par le Gambit Blackmar (1.d4 d5 2.e4 dxe4 3.Cc3 Cf6 4.f3) et n'aura de cesse de l'explorer. De sorte qu'aujourd'hui, aux yeux de tous, les deux acronymes EJD et BDG demeurent indissociablement liés !
Cependant, ce dont il s'agit avec un tel gambit, pour le Maître en personne, est (surtout) la façon de jouer, impliquée par le fait de donner un ou deux pions dès le début des hostilités, pour l'attaque de Mat ! Diemer explicitait lui-même :


Page 2


       « Beaucoup de mes adversaires, maîtres comme amateurs, sont de l'avis qu'émettait Maître L. Rellstab en 1951 : "Diemer ne sait jouer qu'avec un pion en moins. Il n'y a qu'à répondre sur 1.d4 par 1...d6 ou 1...g6 ou encore 1...c5 et la partie sera déjà à moitié gagnée contre lui." Cette erreur est facilement explicable. Après avoir ignoré ou passé sous silence mon Gambit, ils sont maintenant obligés d'avouer qu'il existe, malgré tout, quelque chose comme le Gambit Blackmar-Diemer. Et personne ne conteste plus que je suis dans cette ouverture l'expert absolu. Mais jusqu'alors, peu nombreux sont ceux qui ont compris que ce gambit signifie beaucoup plus que la possibilité d'ouvrir avec le plus de chances dans le sens de mon Système. Le Gambit Blackmar-Diemer n'est actuellement plus rien d'autre que l'accoucheur de ma (nouvelle) Méthode de jouer aux échecs, de penser les échecs. Presque imperceptiblement s'est dégagé de mon système, cette connaissance : Ce qu'on est obligé de faire en jouant le Gambit Blackmar-Diemer —jouer pour mater dès le(s) premier(s) coup(s), parce que l'on a engagé dans l'affaire un ou deux pions —, on devrait le faire dans toutes les autres ouvertures, avec les Noirs comme avec les Blancs. » (in L'Echiquier de Turenne, Août 1957, n° 25).

Il écrivait déjà dans son Die Blackmar Gemeinde (1955-56) :

       « C'est une superstition très répandue de croire que je ne sais jouer que le Gambit Blackmar-Diemer. L'important n'est pas l'ouverture dans une partie, mais sa Conception (avec la visée sur le Roi adverse). »


'autre part, on entend souvent dire qu'un tel tacticien n'a pu réaliser de telles prestations que face à une moindre opposition. Là encore, il faut réévaluer cette idée. Loin de proposer une liste exhaustive de ses victoires, je signale quelques adversaires qui, bien que « titrés », furent malmenés par Altmeister Diemer :
Maîtres Dr. Alekhine (Simul.), Dr. Bachl, Dr. Bergsma, Bhend, Blau, Bogoljubov (Simul.), Bozic, Cortlever, Crabbendam, Darga (Simul.), Durao, Feigin, Ferrantes, Dr. Florian, Van Geet, Gereben, Jovanovic, Johner, Kérès (corres.), Kieninger, Kupper, Dr. Lauterbach, Lehmann, Dr. Limbos, Matulovic, Pavlovic, Perez, Sämisch, Van Scheltinga, Sutterer, Tabe Bas, Wagner (corres.), Walther, Wotkowski, etc.

Ainsi, il faut cerner avec justesse ce qui caractérise le style de jeu de Diemer, au delà d'une simple variante d'ouverture, même s'il est vrai qu'elle contribua à sa notoriété ! C'était un joueur brillant à l'extrême, au jeu outrancièrement offensif, fait de trouvailles fabuleuses, de gambits tonitruants et de nombreux sacrifices ingénieux et (d)étonnants.
Bref, un électron libre dans « l'institution » des Maîtres de l'après-guerre... Un joueur pour anthologie de Prix de Beauté !



Page 3



'ouvrage dont vous disposez ici, Emil Joseph Diemer (1908-1990), missionnaire des échecs acrobatiques, a pour principal objectif de proposer à l'admiration des Amateurs les prouesses échiquéennes de l'un des plus fascinants joueurs romantiques de cette seconde moitié du siècle ! De présenter quelques bons exemples parmi une kyrielle de prestations méconnues ! Mais, il y a plus : Diemer est un analyste et vous découvrirez des lignes de jeu qu'il pratiqua avec une conception évoluée des positions obtenues. Diemer est un gambitiste inventif et se trouve, de fait, en position de chef de file des échecs risqués : Vous découvrirez des lignes de jeu inusitées, mais qui méritent attention. Et puis surtout, Diemer voua le talent de sa plume et la verve de ses paroles militantes à la 'culture' échiquéenne, multipliant articles, lettres ouvertes, brochures et ouvrages en direction des amateurs.

Pour autant que vous prendriez grand plaisir à parcourir ce livre, le mérite en reviendra d'abord, je crois, à cette prose combative et luxuriante du « Prophète de Muggensturm » !








Témoignage de Diemer

Sur l'épisode Alekhine / Capablanca


(...) Une mise au point est nécessaire : L'incident concernant Alekhine et l'alcool n'a pas eu lieu à la dernière ronde. J'étais moi-même présent à Podiebrady durant ces 3 semaines. C'était arrivé déjà assez longtemps avant la fin et n'avait donc rien à voir avec une prétendue irritation d'Alekhine relativement au résultat de la partie entre Flohr et Pirc. Il n'est pas non plus exact que Alekhine ait eu à jouer contre Stahlberg à la dernière ronde. Non, c'était Petrov le coupable ! Celui qui, pendant 10 longues heures, avait opposé une résistance de fer aux tentatives de victoire d'Alekhine, en assurant ainsi la victoire finale de Flohr. C'est justement cette dernière partie qui est restée ancrée dans ma mémoire, car il m'a fallu à cause d'elle sacrifier une nuit — de reportage ! Un autre jour et de très bonne heure, il fallait se rendre à Zandvoort en passant par Dresde. Je veux parler ici de Stahlberg qui lui aussi, à l'époque, fit sensation avec l'alcool. Comme il avait bu plus que de raison la nuit précédente, on le découvrit d'abord profondément endormi dans le parc du château des Premysliden où s'effectuait ce tournoi. Si on échappa de peu au scandale c'est qu'ensuite, il joua sa partie du jour en dormant ! Après chaque coup de son adversaire, il se réveillait à grand peine, en jouant un lui-même puis se rendormait. Une chance que son adversaire consentit rapidement à la partie nulle en acceptant une répétition de coups. Si je me rappelle bien, Stahlberg avait même un meilleur jeu à ce moment là, mais sûrement valait-il mieux qu'il en soit ainsi !

Le chapitre les échecs et l'alcool reste encore à écrire. C'est par exemple, à cause de l'alcool qu'après 1925, dans les Pays de Bade, il n'y avait plus moyen d'organiser le moindre tournoi ! La direction de l'Etablissement des Cures se mettait dans tous ses états quand le mot « échecs » était seulement prononcé. Il faut dire que les estimations de frais avaient été dépassées de très loin. Les beuveries auxquelles Alekhine invita ses collègues Maîtres furent toutes aux frais dudit établissement. C'est pourquoi plus tard, vers 1935, en Hollande, on subvint à la nourriture et au logement d'Alekhine mais à l'exclusion des boissons !

Même au cours du championnat contre Bogoljubov en 1934, l'alcool a joué un grand rôle. Rappelons-nous de ces folles conférences radiophoniques ainsi que la partie de Bayreuth ! A Munich, la veille au soir, Alekhine s'en était encore donné à coeur joie au point qu'il avait dû être transporté jusqu'à l'automobile du retour ! De sorte que le lendemain à Bayreuth, voulant être porté malade, il refusait de jouer. Toutefois des célébrités avaient annoncé leur venue et le scandale encouru s'avérait trop important. Il joua donc, quoique en protestant ! Bogoljubov fut affecté et prenant la situation pour argent comptant, il perdit la plus belle partie de la compétition. C'est également ce genre d'événements qui poussa Bogoljubov à nous demander le plus sérieusement du monde — à Hans Müller et à moi-même — si nous tenions pour possible que Alekhine... l'hypnotise ! (C'est que lors de la confrontation avec Euwe, le mot « alcool » était écrit en majuscules !) Chaque matin, lorsque je venais consulter Alekhine à son hôtel, il était déjà dans sa meilleure forme. Le scandale dans l'Etablissement des Cures de désintoxication Ermelo n'en était que la conséquence logique ! Cette fois, je n'en ai pas été le témoin oculaire mais je pense que, selon toute vraisemblance, l'affaire a été minimisée. Après le championnat, son ami le Dr. Oskam, avocat à Amsterdam, lui fit des remontrances. Au point que Alekhine s'engagea enfin à se soumettre à une désintoxication, à condition que son organisme fût encore en bonne santé. Son médecin hollandais constata que c'était le cas. Le résultat de cet effort de volonté, nous le connaissons : Succès triomphal en 1937 !

in Schachspiegel, n° 10, 1948. p. 138 & n° 1, 1949. p. 13.



Dany Sénéchaud parle de Diemer et du Gambit Blackmar-Diemer sur internet.








===>>> Retour





ACTUALITÉ
ÉCHIQUIER
ANGOUMOISIN
CLUBS de la
RÉGION
Compétitions FFE
Résultats
Compétitions FFE
Règlements
TOURNOIS archivés
EXERCICES
PROBLÈMES
du jour
LECTURE
ARBITRAGE
DOCUMENTS
FFE
DOCUMENTS
PCH+24+87
ARCHIVES
ex-ligue PCH
LIENS
FORUM